Allongé au creux d une souche , je songe.
le sommeil , se jouant de mon esprit ,
se pose de ci et glisse de là, il s entortille
puis s'enfuis sifflant ces promesses d oublis.
Jusqu'ici c est un obscur chemin , incertain,
tapissait de feuilles mortes , d'une douce fraicheur
de végétaux moisis , et d'eclats de rosées.
J'ai lentement marchai jusqu'au creux d'une ecorce ,
au fin fond du bosquet ou je me suis couché.
Une nuée de fées , rieurs esprits des bois,
couché sur mon visage murmure a ma torpeur.
Sur mes paupières lourdes chute alors un pétale,
écarlate crystal d'un ecrin de verdure,
lourd fardeau pour mon âme déconfite.
Je plonge en mes songes , profonds.
Des hordes d araignées galopent sur mon corps ,
tisseuses de linceul, minuscules Arianes éperdu de ma peau,
je vous sent mordillez, griffer la chair qui dort.
La terre est mon manteau , l'azur un vain echo.
A quoi bon s'envoler si je peu m'enfoncer ?
Et dans l'obscurité , aux portes du tartare,
de l'oubli , de la nuit, dans mon cercueil de terre,
en un dernier adieu d'une âme qui se renie,
je soufflerai ton nom , souviendrai ton visage.
Avant de m assourdir ,
avant de m obscurcir ,
murmurerai en vain ce fabuleux mirage :
"...Mais si un jour
Tu devais t'en aller
Est-ce que tu pourrais bien m'emporter ?
Mais si un jour tu pouvais
Tout quitter
Est-ce que tu pourrais garder notre secret ?
Laisse-moi être ta croix
Laisse-moi essayer
Laisse-moi être juste toi
Laisse-moi être comme toi
Je te laisserai trouver la voie
Et puis je penserai comme toi
Comme une fille qui voudra prendre son temps
Comme si c'était la dernière fois
Si tu devais un soir
Est-ce que tu m'emmènerais ?
Mais t'envoler sans moi
Est-ce que tu m'emmèneras ?
Mais si un jour
On pouvait s'en aller
On pourrait bien enfin s'emmener
Mais si un jour on pouvait
Se quitter
On pourrait bien enfin
Se retrouver"
....L'aurait on put ?
vaine question ...